Le racisme s’invite à l’Euro

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Le racisme s’invite à l’Euro

Des actes racistes ont déjà émaillé l’Euro en Ukraine et en Pologne, confirmant les craintes des instances dirigeantes. Les joueurs des Pays-Bas, Theodor Gebre Selassie, défenseur noir de la République tchèque, et même peut-être Mario Balotelli, ont été visés par des cris de singes et de chants racistes durant leur entraînement et en plein match. L’UEFA a pris de nouvelles mesures pour empêcher tout nouvel incident et a ouvert deux enquêtes.

C’était l’une des hantises des organisateurs de l’Euro. L’UEFA a fait de cette lutte l’une de ses priorités. Malgré tous les beaux discours et la meilleure volonté du monde, difficile de lutte contre l’imbécilité. Les actes de racisme qui ont émaillé cette première semaine en Ukraine et en Pologne le confirment, malheureusement. C’est tout d’abord les Pays-Bas qui ont eu un aperçu de la bêtise humaine. Vendredi, à la veille de leur premier match dans cet Euro devant le Danemark, les Néerlandais ont été plusieurs à entendre des cris de singe provenant de la foule massée aux abords du terrain, lors d’un entraînement ouvert au public à Cracovie. “On a tous entendu des cris de singe“, a confirmé Mark van Bommel dans les colonnes du De Telegraaf. “On ne peut pas accepter ça, nous avons bien réagi et l’affaire a été réglée“, a ajouté le milieu de terrain néerlandais, alors que Bert van Marwijk avait pris soin de déplacer ses joueurs à l’autre bout du terrain pour éviter tout débordement.

Le racisme s’est déplacé dans les stades quelques heures plus tard. L’affaire n’a toutefois été révélée que dimanche. Theodor Gebre Selassie, premier joueur noir de la République Tchèque, aurait été la cible de chants racistes lors du match face à la Russie à Wroclaw. “J’ai remarqué ça. Cela n’avait rien d’exceptionnel. J’ai connu bien pire“, a tenté de dédramatiser le latéral droit d’origine éthiopienne. Lui comme les Pays-Bas ont refusé d’aller plus loin et de porter plainte. L’UEFA a toutefois décidé d’ouvrir une enquête concernant l’incident de Wroclaw, avec dans son collimateur les supporters russes, accusés d’avoir entonné les chants incriminés. “J’ai assisté à cette rencontre et tout vu de mes propres yeux. Il n’y a eu aucun comportement raciste, toute cette histoire est ordurière et fausse“, s’est énervé Vitaly Mukto, le ministre des Sports russe. Ce mardi, une nouvelle rumeur fait état de cris de singe lancés à Mario Balotelli lors du match entre l’Italie et l’Espagne disputé à Gdansk dimanche. Cesare Prandelli a toutefois réfuté cette information, alors que le joueur, qui avait annoncé qu’il quitterait la pelouse en cas d’acte raciste, ne l’a pas commenté.

Des actes, certes isolés, qui font tâche. L’UEFA a pris de nouvelles mesures pour t’enter d’empêcher le racisme de s’inviter un peu plus à la compétition. Les villes hôtes ont ainsi été encouragées à prendre touts les mesures pour prévenir les comportements racistes lors des entraînements ouverts au public. Toute personne prise sur le fait en train de commettre un comportement raciste sera exclue du stade et sera poursuivie devant la justice pénale. L’affaire concernant Balotelli sera également étudiée dans une enquête ouverte par l’instance dirigeante. Deux ans après avoir permis aux arbitres d’arrêter temporairement ou définitivement le match en cas de racisme, Michel Platini n’a pas l’intention de voir ce fléau gâcher la grande fête espérée du football européen.

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