Balotelli, déclic et des claques

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Balotelli, déclic et des claques

Critiqué après deux premières sorties ratées dans cet Euro, Mario Balotelli a répondu à ses détracteurs en inscrivant un joli but contre l’Irlande (2-0). Remplaçant au coup d’envoi, l’attaquant a assuré la qualification des siens, non sans avoir déclenché une nouvelle polémique avec la célébration qui a suivi sa réalisation.

Il ne peut pas s’en empêcher. “Why always me ?” (Pourquoi toujours moi), demandait Mario Balotelli en soulevant son t-shirt où était inscrit ce message après son but lors du derby de Manchester contre United en octobre dernier. Peut-il car il le cherche après tout. Son but, superbe, contre l’Irlande ne lui a donc pas suffit. En plus d’avoir pris le dessus sur son défenseur pour inscrire le deuxième but de l’Italie d’une jolie reprise de volée acrobatique sur un corner, il a tenu à rabattre lui même le caquet de ceux qui avaient osé le critiquer pour ses deux premiers matches dans cet Euro. Alors après son but, l’attaquant de la Squadra Azzura a commencé à lancer un très distingué “Fils de p… “, comme Samir Nasri avait pu le faire avant lui en Ukraine et en Pologne. Une “célébration” rapidement stoppée par son coéquipier Leonardo Bonucci, qui lui a mis alors la main devant le bouche pour empêcher “Super Mario” de déraper un peu plus. Si en Italie on a souligné le retour en forme des attaquants de la Nazionale, puisque Antonio Cassano a également marqué, on n’a pas pu s’empêcher de s’interroger pour savoir à qui étaient destinées ces mots doux.

Aux médias, histoire de faire un peu plus le parallèle avec Nasri ? Il est vrai que Balotelli n’a pas été épargné par la presse transalpine après ces deux premiers matches à l’Euro. Comment aurait-il pu en être autrement ? Décevant contre l’Espagne, avec en plus une occasion en or gâchée, il n’a pas non plus brillé quatre jours plus tard devant la Croatie, se faisant remplacer à chaque fois par Antonio Di Natale à une demi-heure de la fin des deux matches. Peut-être que son cri du cœur s’adressait au banc de touche ? Cesare Prandelli ne l’avait pas épargné en conférence de presse la veille du match. “Si on l’aime bien, ce garçon, il faut lui dire certaines vérités. Moi je le fais. S’il veut devenir un grand joueur, il doit savoir s’adapter aux difficultés“, avait lancé le sélectionneur italien, qui avait tranché contre l’Irlande : c’est sur le banc que Balotelli a débuté, avant de rentrer en jeu à la 74e, pour le résultat que l’on connait. A moins que ce ne soit finalement ceux qui l’ont visé par des cris de singe à qui Balotelli voulait s’adresser.

Difficile de le savoir, surtout que le principal intéressé a royalement ignoré les médias à l’issue de la rencontre. Interrogé sur le cas de son joueur Prandelli n’a quant à lui pas changé d’un iota son discours : Balotelli doit “accepter la critique et le banc s’il veut devenir un champion“. “Nous aimerons vraiment qu’il exprime tout son potentiel“, a pris soin d’ajouter le sélectionneur, comme pour booster un peu plus le bad boy du football italien. Ce but pourrait d’ailleurs lui servir de déclic pour la suite de la compétition. Pas sûr toutefois qu’il lui permette de retrouver sa place de titulaire pour les quarts de finale, puisque le duo Cassano – Di Natale a donné satisfaction dans le schéma tactique en 4-4-2. A voir si Balotelli acceptera un statut de joker de luxe désormais…

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