Tunisie:Célébration Réussie de La Fete du Travail

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« A chacun son parti, l’UGTT pour tous », ce slogan scandé par des milliers de Tunisiens qui ont défilé, ce mardi 1er mai sur l’avenue Bourguiba suffit à lui seul pour illustrer la place qu’occupe la centrale syndicale, en tant que « première force du pays ». Dans un enthousiasme exceptionnel, ils étaient plus de 20 000 manifestants de tout bord à fouler fièrement cette avenue symbolique de la révolution, brandissant le drapeau national et entonnant Houmet Al Hima. Cette fois-ci, le service d’ordre assuré par près de 600 syndicalistes est parfait et la police n’a eu aucun mal à encadrer à distance la foule. Partie de la place Mhammed Ali, aprèsun discours musclé prononcé du balcon historique du siège de l’UGTT, par Houcine Abbasi, elle a convergé sur la grande avenue où depuis tôt le matin la foule se faisait déjà compacte.
«Ni matraques, ni bombes lacrymogènes, ni milice, ni casseurs, nous retrouvons la joie de manifester et la liberté de nous exprimer», déclare fièrement un jeune manifestant. La vigilance de l’UGTT, la bonne préparation et la coordination tant avec les partis et les composantes de la société civile qu’avec le ministère de l’Intérieur ont garanti d’excellentes conditions pour le déroulement de la manifestation. Le ministre de l’Intérieur, Ali Laaryaedh, en a été le premier à s’en féliciter. Descendu de son bureau pour aller devant le siège du ministère suivre avec un large sourire le défilé des cortèges, il n’a pas manqué de dire sa joie de constater l’absence du moindre incident. «Pour avoir moi-même rêvé pendant de longues années de pareilles grandes manifestations, dans la liberté et l’ordre, permettez-moi d’en savourer aujourd’hui un peu avec tous les participants, ces moments exceptionnels».
En tête du cortège, le secrétaire général de l’UGTT, Houcine Abbasi et ses camarades du bureau exécutif étaient heureux d’avoir à leurs côtés leurs invités représentants de mouvements syndicaux français, notamment F.O, la CFDT et la CGT, ainsi que des associations d’émigrés tunisiens en Europe, les leaders de nombreux partis tunisiens et dirigeants de diverses associations.
L’ambiance était aussi festive qu’animée. Des ballons rouges et blancs étaient lâchés dans le ciel sous les acclamations. Un faux cercueil drapé d’une banderole faisant part de l’extinction du développement régional équitable. Des écriteaux aussi ingénieux les uns que les autres reprennent les slogans scandés : “Le peuple veut l’unité nationale”,  “Emploi, liberté, dignité”, “L’emploi relève de la dignité nationale”, “Ni peur ni terreur, le pouvoir est aux mains du peuple »…
L’UTT et la CGTT
Pas loin de l’avenue Bourguiba, de part et d’autre, les deux autres nouvelles centrales syndicales, l’UTT et la CGTT, conduisaient chacune de son côté son défilé. Ismail Sahbani (UTT), avait choisi comme parcours, de partir du siège établi rue d’Athènes pour se diriger à travers la place du Passage et l’avenue de Ghana, vers le Palais des Congrès où il devait tenir son meeting.
Quant à Habib Guiza (CGTT), il ne pouvait mieux tomber. Ce sera sur l’avenue Fahat Hached où se trouve son siège qu’il défilera  jusqu’à la place qui porte le nom de l’illustre fondateur de l’UGTT. Deux manifestations qui se sont bien déroulées elles aussi, malgré la grande différence en affluence mais qui illustrent le pluralisme syndical.

 

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