Tunisie : Démarrage du pèlerinage de la Ghriba

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Le pèlerinage juif à la synagogue de la Ghriba, la plus ancienne d’Afrique, a débuté mercredi sur l’île tunisienne de Djerba (sud) placée sous haute surveillance pour les deux jours de ce rituel annuel suspendu l’an dernier à cause du climat d’insécurité post-révolution en Tunisie, a constaté une journaliste de l’AFP.

Les visiteurs ont commencé à converger en fin de matinée vers le lieu de culte soigneusement gardé par des renforts de la police, de la garde nationale et de l’armée, déployés aux abords et dans les quartiers juifs, ainsi que dans les hôtels de l’île touristique.
Cinq cents juifs, venus essentiellement d’Europe, devaient prendre part à ce pèlerinage de la Ghriba, aux côtés d’un millier de Tunisiens de confession juive, a indiqué à l’AFP le chef de la communauté juive et président de la Ghriba, Perez Trabelsi.
Aucun Israélien ne fera le déplacement cette année, a regretté M. Trabelsi jugeant «totalement déplacée» la mise en garde d’Israël déconseillant à ses ressortissants de se rendre à Djerba en raison de risques sécuritaires.
«Plusieurs Israéliens avaient programmé de venir mais ont dû renoncer à cause des propos israéliens totalement déplacés. Peu importe qu’ils soient là ou pas, les Israéliens verront bien que nous avons réussi à organiser ce pèlerinage. C’est cela qui sera déterminant pour l’avenir», a dit M. Trabelsi.
«Tout se passe convenablement, je suis satisfait», a-t-il encore affirmé.

«J’étais un peu réticente, puis j’ai décidé de venir et suis ravie d’être là aujourd’hui, sous ce ciel bleu. Je suis tranquille et j’apprécie la sécurité mise en place», a déclaré Cathy Koher, juive française d’origine polonaise.
Par conviction religieuse, solidarité, ou défi, plusieurs Tunisiens de confession juive et musulmane assistent au pèlerinage qui s’achèvera jeudi par une cérémonie en présence du ministre tunisien du Tourisme, et du grand rabbin de Tunisie.
«Je ne suis pas pratiquante mais j’ai tenu à venir cette année par solidarité», a confié à l’AFP Annie Kabla. «Pas question de laisser une petite bande nous imposer sa loi», a-t-elle lancé, en référence aux extrémistes auteurs de slogans antisémites et «ceux qui leur ressemblent».

De près de cent mille à l’indépendance de la Tunisie en 1956, les juifs ont quitté le pays pour s’établir en France et en Israël et ne sont plus que 1.500 à vivre sur le sol tunisien, soit encore la plus importante communauté juive du monde arabe.
Ce pèlerinage, organisé chaque année au 33ème jour de la Pâque juive, attirait jusqu’à plusieurs centaines de milliers de pèlerins et de touristes. Leur nombre avait dramatiquement chuté après l’attentat revendiqué par Al-Qaïda et qui avait fait 21 morts le 11 avril 2002.

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